Françoise Pétrovitch, S’absenter

En partenariat avec Semiose galerie , Paris ; le Centre d’art René d’Anjou, Tarascon ; Asphodèle, Arles

Pour la première fois, trois institutions culturelles ont souhaité inviter Françoise Pétrovitch à concevoir un parcours artistique qui s’expose tout l’été, de Marseille à Tarascon, en passant par Arles.

Le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Château de Tarascon - Centre d’art René d’Anjou et Asphodèle - Espace pour l’art s’associent en effet pour présenter du 1er juillet au 30 octobre les créations de cette artiste. Les expositions intitulées S’absenter, Verdures et Îles, organisées dans trois lieux emblématiques de la vie artistique, culturelle et historique de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, permettent de découvrir les réalisations les plus récentes de Françoise Pétrovitch. Peintures, dessins, vidéos, dessins d’animation, céramiques et sculptures composent un corpus aussi riche qu’inédit qui se donne à voir tout au long de ce parcours d’art contemporain. Ces expositions présentent un panorama sélectif en proposant à l’échelle de chaque lieu un récit qui procède par jeux d’associations et de confrontations entre les œuvres. Celles-ci dévoilent des affinités et des obsessions où l’étrange, le merveilleux et l’animal cohabitent dans des paysages hybrides, habités de présences humaines délicates et angoissantes, ambivalentes et silencieuses. Conçues dans une scénographie propre à chaque site, elles révèlent tour à tour le processus créatif et les sources d’inspiration qui fondent ce travail, toujours en quête de nouvelles recherches et de nouveaux médiums.
L’invitation faite à l’artiste d’investir trois espaces radicalement différents, tant par leur architecture, leur échelle que par leur histoire, offre à chacun le rêve d’un imaginaire singulier.

Commissaires des expositions
Pascal Neveux, directeur du Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur
Aldo Bastié, directeur des affaires culturelles et du patrimoine et conservateur du Château de Tarascon
Laetitia Talbot, directrice d’Asphodèle - Espace pour l’art


Dans les œuvres de Françoise Pétrovitch, il y a des personnages, très jeunes, entre l’enfance et l’adolescence, il y a des animaux, il y a des oiseaux, beaucoup d’oiseaux, de petits oiseaux fragiles, morts ou blessés parfois, et des oiseaux puissants, surdimensionnés, au regard perçant, indifférent.

Les formats vont de petites peintures à de très grandes toiles, les lavis sur papier peuvent être aussi très grands. Il faut dire que l’échelle varie beaucoup, tout peut grandir magiquement ou se réduire tout à coup. Dans les sculptures en bronze, de menus enfants s’hybrident de formes animales gigantesques. Les céramiques, plus petites – des oiseaux morts, des gants vides – ont des formes indécises, comme abandonnées.
À la surface des peintures, tous les motifs sont en circulation fluide : ils traversent d’une œuvre à l’autre, d’un médium à l’autre, d’un plan à un autre : les oiseaux, par exemple, passent devant, passent derrière, passent à travers les personnages, ou se perdent presque dans un tracé en filigrane. Parfois ces motifs en migration ne sont que d’opaques taches de peintures flottant devant les personnages. Dans une vidéo très liquide, le montage scandé des lavis se reflète en échos tremblés, troublés, comme à travers une larme.

À l’œuvre aussi, la fluidité, dans les choix et les décisions : l’artiste travaille avec la peinture à l’huile, avec le lavis, qui agissent selon leurs lois à la surface de la toile et du papier et lui proposent des métamorphoses.
Françoise Pétrovitch tente un équilibre labile entre la présence de la peinture, de l’encre, de la toile ou du papier, leurs matérialités certaines, et une forme d’absence que jouent les manques et les réserves blanches dans les lavis, les trouées et les enchevêtrements de formes qui délient, aèrent l’image peinte.
Les jeunes personnages se dérobent dans une évasion intérieure, une fuite immobile. Leurs corps poreux sont criblés d’images mentales, de rêveries, la doublure de leurs paupières tatouée d’apparitions flottantes.
Leurs regards se détournent, s’absentent. Ils s’absentent et nous laissent leur corps, leurs vêtements bariolés qui les illustrent, leurs yeux clos ou perdus dans le vague, leurs mains vacantes, inoccupées. Ils se laissent faire, se laissent coiffer. Ils s’oublient dans leur cachette pendant que les autres les cherchent, se retirent derrière un masque, sous une géante tête animale. Ils ne jouent plus, sont fatigués de jouer, ou devenus trop grands pour ça. Chacun est une île.
Mc Gayffier

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En vente au Magasin du Frac

Une édition de quatre sérigraphies, Les oublis, imprimées recto/verso et tirées à 80 exemplaires

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Les oublis
Production : Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur et Sémiose galerie, Paris Sérigraphie 3 couleurs recto-verso sur papier Japonais 46,5 cm x 31,5 cm Édition de 80 exemplaires 280 euros l’unité non encadré

Contact pour l’achat : accueil@fracpaca.org

Françoise Pétrovitch, Les oublis, 2016