Lara Almarcegui

Les friches Rio Tinto à L’Estaque, Marseille

Commissaire : Céline Ghisleri

En partenariat avec Voyons voir | art contemporain et territoire.

Lara Almarcegui travaille sur des zones de transition, attirant l’attention sur des sites abandonnés, le plus souvent vides et oubliés, en périphérie d’une ville. Ces friches, envahies par la végétation, donnent les premiers signes d’un développement urbain possible dans un avenir proche.

Lara Almarcegui, Les Friches Rio Tinto à L’Estaque, Marseille, 2020.
Production Voyons voir | art contemporain et territoire. Courtesy galerie Mor Charpentier. Collection Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Au moment de chacune des enquêtes de l’artiste, ces terrains vides et en transition, demeurent parmi les seuls endroits des villes correspondantes à n’avoir pas encore fait l’objet d’un usage spécifique. Ils ont échappé à l’organisation par l’architecture, la conception formelle ou l’urbanisme. De nombreux sites qui étaient destinés à des projets de construction anticipés et qui auront ainsi disparu dans le tissu urbain.

Produit dans le cadre de la résidence de Lara Almarcegui à la Tuilerie Monier à Marseille organisée par l’association Voyons Voir | art contemporain et territoire, le projet sur les Friches Rio Tinto est le dernier des guides des terrains vagues de Lara Almarcegui. Cette publication est un portrait de ces friches, effectué à un moment spécifique de leur mutation, avant que toute décision concernant leur développement futur soit adoptée et que d’éventuelles constructions ne commencent.

À la sortie de l’agglomération de Marseille, à L’Estaque, les friches des Riaux et de la Caudelette se situent au-dessus du port de la Lave et s’étendent jusqu’au massif de la Nerthe. Aujourd’hui connu sous l’appellation de « ex-Rio Tinto », occupant des collines abruptes, le site a été depuis la fin du XIXe siècle le siège d’activités industrielles consacrées à l’exploitation de carrières, au traitement de granulats et à la chimie. Toutes les unités de production ont cessé leur activité en 2001. Les entreprises qui en sont actuellement propriétaires ont dû conduire un vaste chantier de dépollution, encore aujourd’hui pas totalement achevé. Parallèlement, différents plans de développement du site sont en discussion. Car dotées des plus belles vues sur la mer, ces friches comprennent des terrains à réhabiliter, potentiellement urbanisables, mais aussi une grande surface classée en zone verte, donc inconstructible. Constituant à l’heure actuelle l’une des plus importantes étendues vierges de Marseille, cet espace offrirait un refuge pour la v²é&ie sauvage. L’abandon de tout projet constructif permettrait à la nature de prospérer à son rythme, sans intrusion humaine.

Comme un prolongement en écho à ce temps de résidence, l’exposition au Frac, au plateau expérimental, présente les photographies Friche des Riaux, un terrain industriel en processus de dépollution, Marseille, 2018, de la série « Wastelands » (1999-…) entrées dans la collection en 2018. Le guide édité autour de ce projet, et librement mis à disposition des visiteurs, fera partie intégrante de l’installation.