Rencontre Bibliothèque éphémères de Thierry Fontaine

Autour de l’exposition Thierry fontaine, Vers le but

Thierry Fontaine, Vers le but

« Originaire de l’Île de la Réunion, une région où l’accès direct aux œuvres d’art est restreint, Thierry Fontaine a pris l’habitude de les voir à travers des images et des textes.

Les images qui peuplent les ouvrages choisis ont plusieurs dimensions. Qu’elles soient picturales, sculpturales ou graphiques, mentales, verbales ou littéraires, toutes traduisent une expérience sensible du monde.

Les auteurs, ici réunis, accompagnent depuis longtemps la démarche de l’artiste, sans lesquels – dit-il- il ne saurait exister.

Avant tout, il se nourrit de la force du verbe des poètes qui vivent la poésie : de la puissance du cri de Antonin Artaud dans son introspection de la douleur et de l’effondrement ; de la résistance et du pouvoir de l’imaginaire de Pablo Neruda ; de la véhémence de Malcolm de Chazal, un Mauricien trop peu connu ; du nomadisme et de l’audace de Blaise Cendrars.

Parmi les romanciers, il est fasciné par la férocité de Thomas Bernhard, en quête d’identité, et par John Maxwell Coetzee qui explore avec une intensité glaciale les comportements pathologiques de la société postapartheid en Afrique du Sud. Il est aussi un lecteur des poèmes, romans et essais de Edouard Glissant, fondateur des concepts d’ « antillanité », de « créolité » et de « tout-monde ».

Thierry Fontaine met l’accent sur quelques-uns des artistes dont les œuvres sont source de réflexion plus que d’inspiration.

Ceux de l’Arte Povera remettent en cause l’opposition entre nature et culture et privilégient le geste créateur. Joseph Beuys, pour qui « chaque homme est un artiste », mobilise des énergies spirituelles pour développer le principe de « la sculpture sociale ». Quant aux photographes, August Sander (1876-1964) affirme la photographie comme un langage universel et construit une image de son époque à partir de trois verbes « voir, observer et penser ». Jeff Wall, lui, s’inspire de la photographie documentaire pour « peindre la vie moderne » à travers des mises en scène très élaborées où la fiction raconte le réel.

À ces références, l’artiste pourrait en ajouter d’autres, parmi lesquelles Jean Rouch, Claude Levi-Strauss, Jean-Marie Straub & Danièle Huillet, Steve Reich … »

Dominique Abensour Commissaire de l’exposition